La vie d'une ancienne
gloire du catch dans les années 2000, entre maladie et solitude.
Film d'une énorme charge émotive, the wrestler est sans
doute la meilleure interprétation de Rourke depuis Angel Hearth. Le visage
complètement détruit, la voix cherchant son souffle à chaque instant, il est l'incarnation
même de l'épave, de l'homme prématurément vieilli par une vie d'excès. Dans ce
film où le personnage n'arrive jamais à se sortir de l'échec qu'est devenue son
existence, Rourke est l'âme, le cœur du projet. Tout semble écrit pour lui,
jusqu'à ce monologue final d'une puissance lacrymale éloquente, qui fait la
part entre la gloire et la légende, et qui insiste sur le fait que ceux que le
public veut ne peuvent disparaître des mémoires collectives. Il est assuré qu'avec
ce film, Mickey Rourke reste encore très présent dans les esprits pendant de
longues années.
A la réalisation, Darren Aronofsky parvient à faire ce que
peu de maître ont réussi jusqu'alors : adapter son style à son sujet. Laissant
les démonstrations visuelles de ses deux précédents opus, il parvient à filmer
le drame de la solitude avec brio, comme il parvient à restituer la violence
des combats qui, s'ils sont arrangés, n'en demeurent pas moins exigeants et
destructeurs pour les athlètes. L'homme est donc parti sur le nouveau Robocop,
et les craintes que l'on pouvait avoir sont annihilées quand on voit la
capacité de l'homme à adapter sa réalisation au propos de son film.
The wrestler est
sans doute le plus beau film de ce début d'année.
Un scientifique
cherche un remède pour sa femme mourante, et doit trouver le salut dans un
récit portant sur les années 1500 et dans un monde futuriste.
Incroyable film, the
fountain est la preuve que Requiem
for a dream n'était pas un coup d'épée dans l'eau et que son réalisateur
est capable d'aborder des genres et des thèmes différents avec autant de
maestria. En s'attaquant à un récit complexe et en privilégiant trois parties
distinctes avec autant de décors différents, il ne cherche pas la facilité.
En se séparant de Brad Pitt, initialement prévu pour le rôle
principal, en raisons de différents artistiques, il s'assure le contrôle de son
projet malgré une perte sèche de plusieurs millions de budget.
Pourtant à la vision du film, le spectateur est scotché
devant autant d'audaces formelles (la partie futuriste est un défi pour Hugh
Jackman et pour les responsables des décors et des lumières), et par le fait
que les thèmes de la mort, de la vie et de la sagesse soient abordés et traités
aussi intelligemment. Le spectateur doit fournir un véritable travail pour ne
pas être largué et approcher le sens du film, jamais rien ne lui est facilité,
et c'est tant mieux !
On est à des kilomètres du cinéma pop-corn pour teenagers,
mais on est également à mille lieux d'un cinéma d'art et d'essai poseur et
théorisant à l'excès.
Cela vaudra donc au film un échec public (10 millions de recettes us
et 200 000 entrées France) et une indifférence critique alors que Darren
Arronofsky a sans aucun doute livré l'un des meilleurs films de 2006, voire des
années 2000 avec ce film bouleversant et touchant.
Une usine est fermée
du jour au lendemain et délocalisée. Les ouvrières décident alors de faire
caisse commune pour liquider leur patron.
Le cinéma social et humoristique est suffisamment rare en France
pour être salué quand il est réussi. Ici, la presse unanimea peut être salué à l'excès un film certes
très bon, mais qui connaît des baisses de rythme assez pesantes par moment.
Doté d'un casting parfait où resplendissent Moreau et Bouli,
le film bénéficie également de guests de choix dans des scènes hilarantes, en
particulier celles de Kassovitz et Poolevorde. L'ensemble fonctionne plutôt
bien, le film est politique et réjouissant, les patrons y sont des salauds
avides, les ouvriers des simplets attachants, et des audaces formelles viennent
dynamiter un film malheureusement trop fauché.
S'il est un reproche que l'on peut faire au film, c'est principalement
ces plans-séquences trop longs, qui selon l'aveu même des réalisateurs, est
plus un cache-misère qu'une véritable volonté artistique. Si l'on fait
abstraction d'un rythme assez inégal, le film est d'une originalité et d'une
fraicheur qui manque généralement au cinéma français qui n'ose sortir de ses sempiternels
drames sur le mal de vivre et ses comédies franchouillardes écrites avec les
pieds. Financer des films plus couillus comme celui-ci serait sans doute ce qu'il
y a de mieux à faire pour que les gens retournent au cinéma.
Ce film est la preuve que l'on peut avoir un rire de qualité
dans l'hexagone.
Un membre de la cia
est licencié. Il commence à écrire ses mémoires. Dans une salle de sports, un
entraineur tombe sur de mystérieux documents secrets. Il va essayer, grâce à la
russie d'en tirer profit.
Après le puissant no
country for old man, le retour à la comédie des frères Coen laissait
sceptique. Ladykillers, leur dernière
en date virant trop souvent à la bouffonnerie, on se demandait comment ils
allaient réussir à se renouveler dans l'humour.
La vision de burn after reading rassure heureusement les
amateurs du duo ; en effet, vendu comme une pure comédie, le film est en
réalité un croisement réussi entre le film d'espionnage et le vaudeville. C'est
simple, traité différemment, il aurait pu être soit un excellent film d'espionnage,
soit une pure comédie. Le choix de traiter des deux genres à la fois pourra
donc laisser des spectateurs sur la carreau, mais emmènera ceux qui font un
effort d'immersion vers un plaisir inhabituel.
Les personnages, assez finement écrits, et le casting 4
étoiles sont les principaux atouts du film. Que ce soit Malkovich, épave
humaine, Pitt, crétin bellâtre, ou Clooney, qui après oBrother et intolérable
cruauté continue son entreprise de démolition de son image, tous sont
drôles et pathétiques. Les personnages féminins, plus forts et rationnels sont
malheureusement un peu moins intéressants, même si ils constituent le ressort
du film.
Agréable récréation après un passage (trop ?) noir dans
leur filmographie, Burn after reading
est la preuve que les frères Coen ne sont pas morts et qu'ils ont encore
beaucoup à dire, contrairement à ce que beaucoup pensaient après l'échec
artistique de Ladykillers.
Un homme se fait
embaucher comme vendeur de voitures dans une petite ville du sud des Etats-Unis.
Entre la comptable, jeune ingénue, la femme du patron, garce arriviste, et la
banque qu'il projette de cambrioler, ses choix ne seront pas aisés.
Denis Hopper n'a jamais fait mieux que son premier film, Easy Rider, réalisé en 1969, qui sera le
témoignage et l'étendard d'une génération. Pourtant avec Hot Spot, il réalise
ce qui est sans doute un des meilleurs films noirs postérieur à 1950. Aidé par
un casting de choix, porté par un Don Johnson parfait, il tourne un film
poisseux, lent, empreint de malhonnêteté, où les femmes trompent leur mari et
où les hommes malins ne pensent qu'à l'argent, tandis que la famille est
représentée comme une entrave à peine bonne à contenter les ploucs locaux.
Tissé de mains de maître, le scénario s'égrène au fil du
temps, et aucune échappatoire honnête n'apparaît à quelque moment que ce soit. En
effet, les personnages qui paraissent bons ne le sont pas nécessairement, et
les mauvais eux, sont encore pires qu'ils ne paraissent. Autant dire que l'ambiance
n'est pas à la joie et que ce film injustement méconnu de 1990 mérite d'être
vu, il saura combler les amateurs de perdants.
Le casse d'un hippodrome,
de son organisation à sa conclusion, en passant par son accomplissement.
Stanley Kubrick, à ses débuts, ne passait pas des années à
tourner et retourner ses films pour parvenir à un style qu'il souhaitait le
plus proche de la perfection cinématographique. Et pourtant, en regardant l'ultime razzia, on est soufflé du début
à la fin par un rythme et une mise en scène qui évitent tout esbroufe et qui,
en allant droit au but, ont une modernité qui fait que le film, plus de 50 ans après sa sortie, reste un modèle du genre.
Pour commencer, les personnages sont dépeints en quelques
minutes et tous les archétypes du genre sont présents, sans que ce soit dérangeant,
bien au contraire : de la femme fatale au paumé en passant par le flic
pourri et le truand au grand cœur, on a le droit à un véritable catalogue des
éléments qui font la particularité attachante du film noir.
Ensuite, le scénario ne laisse aucun temps mort, au point qu'arrivé
au bout des 80 minutes du long-métrage, on se retrouve épuisé d'avoir fixé son
attention de la sorte sans s'arrêter.
Enfin, le film reste noir du début à la fin, et n'accorde
aucun espoir dans un monde de pauvres types qui croient trouver dans le gangstérisme
un moyen d'échapper à leur triste quotidien. En réalité, ce film est l'anti ocean's eleven par excellence : au
lieu de glamour et de facilités scénaristiques soutenues par un casting de rêve,
on se retrouve avec un glaçant portrait du milieu du banditisme avec un
scénario savamment écrit et des acteurs excellents et tout en humilité.
En définitive, l'ultime
razzia est un film d'un maître à redécouvrir, car s'il est méconnu, il est
loin d'être mineur.
Un sheriff à la
retraite est chargé par une banque de ramener l'or d'une région minière. Il
choisit de se faire accompagner par un ami qu'il croit sur, mais qui convoite
le butin.
Deuxième long-métrage de Sam Peckinpah, coups de feu est, 30
ans avant Impitoyable, une intéressante réflexion sur l'âge mur des cow-boys du
grand ouest américain. Lorsque l'on a une glorieuse réputation de justicier,
comment accepter le vieillissement sans faillir aux valeurs que l'on a
toujours défendu ? Deux réponses sont proposées au début du
film : en cachant l'affaiblissement de son corps en mentant (c'est-à-dire
par exemple prétexter vouloir étudier seul un contrat pour pouvoir sortir ses
lunettes), ou tricher (en enlevant le plomb de l'arme d'un adversaire pour lui
faire croire qu'on est meilleur). Si ce constat est assez glaçant, le
déroulement du film va heureusement nuancer cela, en insistant sur l'amitié, le
sens de l'honneur et de justice qui pousse certains à sacrifier leu bien-être
et en évitant de feindre l'indifférence.
Assez classique dans le déroulement de sa trame, le film se
paie une scène glauque à souhait, celle du mariage dans une ville dégénérée et
sans morale. On trouve déjà la trace de ce que seront les chiens de paille et sa ville d'irlandais solidaires dans la
débauche, et ne voyait les femmes que comme un objet à prendre et non à
séduire. Pour ceux qui ne connaissent pas le réalisateur, les 10 minutes
malsaines que dure la scène risquent de surprendre. Pour les autres, elle
montre la pensée d'un homme qui considèrera souvent les communautés éloignées
comme un danger pour la raison et la bienséance.
Enfin, techniquement, tourné dans un parc naturel aux
Etats-Unis, le film bénéficie de paysages magnifiques mis en valeur par de
nombreux plans larges.
Simple et efficace, Coups
de feu dans la Sierra
est une bonne introduction dans l'univers d'un réalisateur qui, aux côtés de
Leone et Eastwood, apporta ses lettres de noblesse aux westerns après l'époque
classique de John Ford.
Une mère de famille
qui a perdu son fils voit la police revenir avec un autre enfant, lui assurant
que c'est le sien. Elle va devoir se battre pour mettre à jour une vérité
cruelle.
Clint Eastwood enchaine depuis plus de 10 ans des films qui
sont des classiques instantanés. Ces derniers temps, Mystic River et Million
dollars baby avaient fait preuve d'un savoir-faire certain au profit d'un
scénario puissant, ménageant émotion et réflexion sur des thèmes aussi forts
que la vengeance, la filiation et l'euthanasie. Avec l'échange, c'est
principalement sur le thème de la filiation qu'il travaille, mais alors que la
première demi-heure se tourne presque exclusivement d'un point de vue
dramatique, le virage vers le polar noir permet d'aborder les thèmes de la
place des femmes dans la société américaine, et de la corruption au sein de la
police municipale.
Fervent Républicain, ne cachant pas des penchants (rappelons
qu'en 2005, il a menacé de mort Michael Moore au cas où celui-ci franchirait la
porte de sa maison comme il l'a fait pour Charlton Eston), l'homme a su prendre
des positions avant-gardistes et à contre-courant de sa ligne politique. Ainsi,
lorsque dans l'échange, il aborde l'internement psychiatrique des femmes dans
les années 20, il ne tombe pas dans les travers de la sensiblerie, mais dénonce
et dévoile une situation qui ne peut qu'indigner. Il est pour cela aidé par une
interprétation sans faille d'Angelina Jolie et celle excellente comme à l'accoutumé
de John Malkovich.
Sur la forme, le réalisateur aux 2 oscars ne change rien (et
c'est tant mieux), des plans larges d'une classe folle, un rythme lent sans être
longuet, une musique envoutante, et un scénario qui prend le temps de s'installer
pour mieux prendre à la gorge lors de scènes d'une puissance impressionnante. A
ce niveau, lors d'une scène d'exécution de peine capitale, la froideur et l'absence
d'emphase montrent la peine capitale telle qu'elle est : un acte inutile
et barbare.
Dans l'attente de son prochain film où il a annoncé qu'il
serait pour la dernière fois devant la caméra, l'échange constitue une nouvelle
œuvre majeure dans la carrière d'un des plus grands génies du 7 ème art.
L'itinéraire de
jacques Mesrine, de sa sortie de l'armée, à l'issue de la guerre d'Algérie,
jusqu'à sa mort en passant par son parcours dans le grand banditisme.
Vincent Cassel est sans doute l'acteur français le plus intéressant
de sa génération. C'est bien simple depuis Depardieu et Dewaere, on n'avait pas
vu quelqu'un capable de choisir ses rôles avec goût et de les interpréter avec
autant de force. S'il s'était quelque peu fourvoyé aux Etats-Unis ces derniers
temps (dérapage et ocean's 12), il nous avait donné
quelques grand rôles grâce aux promesses
de l'ombre et à Sheitan (film
inégal mais impressionnant de sa part). Ici, il est un des moteurs du film.
Richet, le réalisateur, a fait ses preuves avec du cinéma
social avant de partir de l'autre côté de l'atlantique pour tourner un remake
du premier Carpenter, film auquel il a apporté sa touche personnelle.
En près de 4 heures, on a droit à un concentré de ce qui se
fait de mieux dans le film français : un casting quatre étoiles
(Depardieu, Sagnier, Lanvin, Le Bihan), un scénario travaillé, des dialogues
qui font mouche et un montage impressionnant. Les reconstitutions d'époque sont
parfaites, et on a vraiment l'impression de voir où le budget est parti devant
un film d'une telle envergure.
Loin d'être une apologie du grand-banditisme, comme certains
esprits chagrins ont pu le croire (voir le canard
enchainé du 10/12/2008), le film montre Mesrine tel qu'il est : un
esprit faible, qui n'a pas envie de travailler, et qui choisit la facilité plutôt
que l'honnêteté. Le rôle des médias est également dénoncé : loin d'être
innocents, ils forment le ciment de la reconnaissance du voleur : en
faisant une publicité démesurée à l'individu, en le rencontrant sans le
dénoncer, ils font ce qu'ils peuvent faire de pire, c'est-à-dire faire la
promotion du mal sans jamais remettre en question leur propre position lors d'interviews
irréels attirant le voyeurisme du spectateur.
Dans tous les cas, voici sans aucun doute le film français
le plus marquant de 2008, beau, intelligent, bien joué et qui fait réfléchir. En
espérant que le succès en salle (plus de 2 millions d'entrées pour le premier
volet) incite les producteurs à plus d'audace à l'avenir.
Lors de son premier
jour, un jeune policier est chargé d'assurer le déménagement d'un commissariat.
Ce qui devait n'être qu'une mission de routine se transforme en jeu de massacre
quand un gang prend le commissariat pour cible.
Premier film de John Carpenter au sortir de son école de
cinéma, assaut contient déjà toutes les caractéristiques du réalisateur :
une musique envoutante, peu de dialogues, un mélange des genres (ici, le
western et le fantastique) et un film court qui ne contient aucune minute
inutile.
Le film est particulièrement réussi par son aspect envoutant :
aucune fioriture, presque aucune explication, et un gang fantomatique tout
droit sorti de la nuit des morts-vivants.
Le remake qu'en fera le français Richet, s'il est réussi, transformera d'ailleurs
le film en film d'action noir, sans plus aucune référence au fantastique, alors
que c'est précisément ce qui faisait l'originalité de la version Carpenter.
Signalons également l'absence de concession d'un point de
vue moral, puisque l'on voit une fillette assassinée froidement par des voyous
sans aucune raison, semble-t-il pour passer le temps. La scène sera d'ailleurs
coupée en France sous les années Giscard, tristes années pour le cinéma de
genre.
Alors qu'il semble de plus en plus sur que le système a eu
raison de la pugnacité de John Carpenter (son dernier long-métrage Ghost of mars datant de 2001, et il ne
semble pas près de reprendre le chemin du tournage), et alors que les remakes
de ses premier films continuent de s'égrener
pour le meilleur (Halloween de Rob
Zombie) et pour le pire (fog), il est
temps de se replonger dans l'œuvre d'un maître du fantastique, qui après assaut
enchaina avec l'une des figures du genre les plus prolifiques : celle de
Mike Myers qui allait lui donner une légitimité commerciale lui permettant d'avoir
pour un moment les coudés franches pour ses prochains métrages.
le nouveau film du réalisateur de Requiem for a dream est un drame sur le retour improbable d'une ancienne star du catch. Ce quii pourrait être anecdotique s'est révélé un tour de force, grâce au choix judicieux de Mickey Rourke comme acteur principal. Présenté cette année au festival de Venise, le film a été acclamé, a remporté un lion d'or, et la prestation de l'homme aux santiags a été unanimement saluée. On a donc hâte de le voir en france, et en attendant, voici le trailer anglais avec une chanson du boss, Bruce Springsteen,
La trêve entre le monde des humains et celui des monstres
est en passe d'être rompue par un prince qui veut dominer tout ce qui est sur
terre. Hellboy doit faire le ménage.
Après le Labyrinthe de pan, Guillermo Del Toro continue à
enchanter les salles avec son univers tout à la fois superbe graphiquement grâce
à un travail énorme sur le maquillage, et enchanteur dans les thèmes choisis. En
effet, en construisant son récit autour de la lutte pour le pouvoir et en le
ponctuant de vibrants appels à l'amitié et à la sublimation par l'amour, le
réalisateur fait sien des thèmes classiques, et les renouvèle avec talent.
De plus, les imperfections du premier épisode sont ici
gommées, et le personnage de hellboy ne se retrouve pas avec un sidekick humain
inutile et bavard. Ici, on a des créatures qui s'affrontent et des humains qui
ne servent à rien, sinon à manigancer et essayer de gérer l'ingérable. Si
certains ont reproché au film un scénario trop simple, on ne peut qu'apprécier
le choix fait par Mike Mignolia de créer un scénario original, contrairement au
premier opus cinématographique qui était une adaptation d'un album. Ce qui est
pensé pour les planches ne passe pas forcément aussi bien à l'écran, en
revanche des personnages charismatiques le restent à l'écran, pour peu que l'on
y mette les moyens.
Enfin, signalons la performance énorme de Ron Pearlman, qui
trouve ici ce qui est sans doute le rôle d'une vie, et qui joue pour la
première fois à l'écran, le rôle d'un super-héros classique éméché après avoir
bu quelques bières avec une autre créature.
Zé ben damino
Tous droits réservés pour la photo à Universal Pictures
International France
Après avoir être
chassé d'un bidon-ville par les forces de police, un ouvrier tombe sur une
paire de lunette qui a la capacité de révéler le vrai visage d'extra-terrestre
infiltrés sur terre.
Après le bide public, mais non artistique des Aventures de Jack Burton dans les griffes duMandarin, Carpenter est persona non
gratta dans les grands studios hollywoodiens. Pour trouver un financement, il
est obligé de se tourner vers des très petits budgets. Il choisit alors de
tourner… un film de science-fiction. Ce qui peut sembler une totale hérésie se
révèle un coup de maître tant le scénario béton s'accommode d'effets à
l'ancienne et d'un aspect série B purement jouissif. Magistralement filmé, avec
une musique réussie et entêtante, et un acteur charismatique, Invasion Los
Angeles ne pouvait être un film sans message.
Car parallèlement,en
plein dans les années Reagan, le culte de l'argent et de la réussite laisse de
côté de nombreux américains dans une crise humaine et sociale qui ne dit pas
son nom. Pour cracher sa colère, Carpenter fait du vrai cinéma engagé, un
brulot où les messages subliminaux envoyés par les Extra-terrestres sont autant
de valeurs auxquelles l'Amérique croit alors, mais qui ne sont pas celles que
partage l'auteur. Pour exemple, sur les billets, grâce aux lunettes, le héros
peut lire « this is your god ». Et dans les journaux, on peut lire
également « reproduis-toi » ou « consomme ».
Le film est à l'image du dernier geste du héros : un
bras d'honneur sublime et salvateur qui donne toute sa valeur au mot « résistance ».
Au cours d'un repas entre étudiants, des jeunes tuent
accidentellement un raciste violent. Au lieu de se rendre à la police, ils
décident d'inviter régulièrement des gens à leur table et de les éliminer si
ils s'avèrent potentiellement dangereux pour la société.
Film aux limites des genres, entre comédie noire, thriller
et drame, l'ultimesouper est un film relativement méconnu et qui part
cependant d'un fort potentiel : si vous pouviez remonter le temps et que
vous vous retrouviez face à Hitler encore étudiant, le tueriez vous alors qu'il
n'a encore rien fait, pour éviter les atrocités qu'il commettra plus
tard ?
Aucun réponse moralisatrice n'est donné, mais une
intéressante étude des mœurs au travers de personnages savamment écrits, et un
plaisir trop rare, celui de regarder un film avec Cameron Diaz où le spectateur
est un minimum sollicité intellectuellement.
Le film se passe quasi-uniquement dans une maison, voire un
salon, et tient la route grâce à des acteurs excellents, des dialogues
brillants et un scénario sans temps mort. De plus, la fin roublarde est réussie
par la présence d'un Ron Pearlman ambigu et fascinant.
Un vrai moment de théâtre au cinéma en réalité, un sans
faute totale, un bijou noir.
Un homme enlève des
personnes et les places devant les caméras d'un site internet qui, en fonction
du nombre de visite, met à mort l'individu.
Intraçable est un
thriller des plus réussi parce qu'il se sert du voyeurisme du spectateur comme
moteur de l'action. En effet, si les pièges sont ingénieux, on est loin de la
gratuité d'un Saw, et le fait que les
internautes soient les réels meurtriers de la machination du tueur est vraiment
passionnant. Que se passerait-il dans la réalité si une telle abomination
existait ? Le site serait-il visité où boycotté ?
Au tout début du film l'enquêtrice passe à proximité d'un
accident de voiture, et on voit des badauds attroupés autour, espérant voir
quelque abomination. Tout le propos du film se résume à ceci : internet
est le moyen d'assouvir les fascinations les plus déviantes en totale impunité,
et sans que personne n'en sache rien. Alors même que le net constitue un moyen
de diffusion de l'information d'une capacité inégalable, ce qu'il véhicule le
plus dans les faits, c'est de la pornographie, de la violence, et de la déviance.
Cela constitue donc la preuve la plus irréfutable du mal qui habite l'humanité
et de sa future autodestruction.
Pour appuyer ce propos, le réalisateur, à qui l'on doit le
déjà excellent peurprimale, s'entoure d'acteurs excellents
et monte son film sans céder aux canons du genre et sans trop le hacher. Ca
fonctionne plutôt bien, et il serait dommage de passer à côté de ce film, plutôt
boudé lors de sa sortie en salle.
Lors de l'enterrement
du père de famille, assistez aux chassés croisés des membres de cette dernière,
entre drogues, secrets inavouables, et jalousie.
Réalisateur du déjà excellent In and out, Franck Oz prouve une nouvelle fois que l'humour peut
venir de toutes les situations, même les plus tragiques, et que comme le disait
Desproges « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Ici,
la première scène donne le ton, lorsque les croquemorts ouvrent le cercueil et
s'aperçoivent devant les familles, qu'ils ont amené un autre mort. Effet
garanti, et nouvel exemple de la qualité d'écriture de l'humour anglais.
Les acteurs sont tous excellents, le film est monté comme
une pièce de théâtre, et on s'amuse beaucoup devant tant d'imagination. A vrai
dire, si l'on pouvait craindre un plagiat de Six Feet Under, les auteurs partent dans une toute autre direction,
délaissant l'émotion qui fait le charme de la série au profit d'un plaisir
immédiat.
Loin du rire gras et paillard du comique troupier à la
Benny Hill, loin du
sentimentalisme à la Dany Boon,
Joyeuses funérailles est d'autant plus agréable qu'il a été peu exposé lors de
sa sortie salle et qu'il constitue une bonne surprise.
Au cours d'une planque en banlieue parisienne, un groupe de
policiers va se faire sommairement exécuté. Un flic va alors s'infiltrer dans
un réseau qui ramène de la drogue depuis le maroc pour faire tomber les
coupables.
Attention, film miraculeux ; en moins d'1h30, le
réalisateur réussit à tourner un polar nerveux, ce qu'accentue une musique
électronique stressante, sans fioriture ni disgression, monté sur le fil du
rasoir, et documenté grâce à l'aide de gangsters repentis. De plus, les
acteurs, Roschdy Zem en tête, sont excellents.
La première partie du film montre une banlieue comme une
zone de non-droit, où le chaos urbain et le désengagement de l'état atteignent
leur apogée, et où les réseaux criminels contrôlent la vie des quartiers. La
seconde partie nous dévoile le trajet de la drogue et la puissance et l'organisation
dont bénéficient les barons. Entre les deux, on aura assisté à l'entrainement
spécial de policiers d'élites qui, s'il semble trop extrème pour être crédible,
s'avère incroyablement cinématographique.
Si l'on peut regretter une happy end qui ne se justifie pas
nécessairement, il serait dommage de passer à coté de la puissance brute de ce
film, qui devrait supporter sans difficultés un visionnage répété.
Zé ben daminõ
Tous droits réservés pour la photo
à EuropaCorp Distribution
Voisin de naissance de
Jésus, Brian va connaître une vie empreinte bien malgré lui de religion à une
époque où beaucoup cherchent dans la foi le sens de leur vie.
Les Monthy Python, après le fabuleux Sacré Graal qui jouait avec talent de l'absurde et du non-sens, s'attaquent
à un sujet des plus litigieux : la religion. En prenant le voisin du
Christ, ils évitent de s'attirer trop d'ennuis, et peuvent dérouler leur
démonstration avec un humour des plus grinçants. Pour eux, le messie n'en est
un que parce qu'il a été influencé et joué par des gens qui avaient un intérêt
politique, où qui étaient à la recherche du salut et qui ont vu en un homme
ordinaire un homme extraordinaire. Ainsi, la scène de Brian, à la fenêtre de sa
maison contraint par une foule insistante de délivrer un message est à mourir
de rire.
Drôle, faisant réfléchir, n'oubliant pas l'absurde qui a
fait le succès du groupe (la scène de la soucoupe volante), le film se termine
dans une scène, apothéose de provocation hilarante, quiest la vidéo mise en lien. Plus de 20 ans
après, on se demande si un tel film trouverait un financement, et si le film
pourrait simplement être distribué en salle sans que les intégristes religieux
n'y fassent opposition.
Zé ben damino
Tous droits réservés pour la photo
à Orion Pictures Corporation
On n'arrête plus Eastwood; après son film avec Angelina-j'ai des lèvres de babouin- voici enfin les premières images de Gran Torino, et apparemmment, c'est un drame ou clint va botter le derrière de petites racailles de son quartier, tout en perpétuant sa crise de foi religieuse entamée avec Million Dollars Baby.
C'est peu dire que l'attente est grande, et encore une fois, quel artiste!
Deux amis, l'un
reporter, l'autre hôtelier, doivent réaliser un reportage sur une femme,
écrivain à succès, qui décide de se présenter aux élections dans la commune de
son enfance.
Allier romance, humour et nostalgie sans une indigestion de
bons sentiments est une étape pour le moins difficile. Il fallait bien tout le
talent du duo Bacri-Jaoui pour mener ce périlleux exercice avec succès.
Etrangement, alors que leurs précédents films ont été des succès commerciaux, celui-ci
peinera (et ne parviendra sans doute pas) à dépasser la barre du million de
spectateur. Les critiques presses sont mitigées, alors qu'on se trouve devant
un vrai moment de bonheur, que l'humour reste cinglant par moment, et fait,
c'est une première, un détour par l'absurde (la magnifique scène des moutons).
Jamel trouve son meilleur rôle depuis Astérix 2, mais ici, il joue à la perfection, et est tout en
retenue. Il prouve qu'il sait faire autre chose que le pitre de banlieue et
qu'il est un acteur à part entière. Bacri fait du Bacri, c'est-à-dire que même
si ses rôles sont tous différents, on a le sentiment que c'est toujours de la
même manière qu'il les interprète. Jaoui, dans un rôle qu'on imagine largement
inspiré de sa vie privée pour le coté femme libérée, est parfaitement juste.
Si l'humour est fin, les chassées croisés amoureux sont
désespérants, non pas qu'ils sont ratés, mais parce qu'ils présentent le couple
comme un moyen d'échapper à la solitude, et non comme une fin en soi.
Film en dehors des codes du genre, drôle et émouvant, le
dernier opus du duo parisien vaut, comme toujours, le détour. Le manquer serait
une erreur.
l'acteur est mort aujourd'hui. Il restera comme l'excellent interprète des Apprentis, comédie qui contait l'histoire de deux glandeurs restant enfermés dans un appartement.
également connu pour son côté écorché, il avait fait preuve de nombreuses fois d'une émotivité extrème, comme lors de son passage au journal de france 2 de béatrice schonberg, à qui il avait dit qu'il ne pourrait pas sourire comme elle en annonçant de telles horreurs.
Fin des années 60.
Deux frères, l'un père de famille et policier, l'autre célibataire, buveur et
bagarreur. Le premier veut ramener le second à la raison et en faire un homme
raisonnable.
Premier film écrit et réalisé par Sean Penn, the indian runner est un drame d'une
puissance émotionnelle forte. En confrontant deux styles de vie, l'auteur nous
parle de l'impossible vie normale de certains éléments de la société. Pas
uniquement parce qu'ils ne peuvent pas vivre comme les autres, mais également
parce qu'ils ne le veulent pas. Tous ne souhaitent pas avoir une famille et un
métier bien défini, et cela, les gens raisonnables ne parviennent pas à le
comprendre. En réalité, la violence du film vient plus de ceux qui souhaitent
faire vivre comme tout le monde les marginaux, que des marginaux eux-mêmes.
Vigo Mortensen, alors à ses débuts, campe l'homme dans toute
sa bestialité, accumulant rages et colères, doutes et autodestruction. Il est
le double de Seann Penn, le coté obscur qui rend aussi difficile lamonotonie de la vie. Il est la bête qui dort,
le sauvage qui refuse l'assimilation, et qui ne demande qu'à fuir pour vivre
seul et sans entrave.
David Morse est l'acceptation, celui qui se contente de ce
qu'il a et qui, en parvenant à avoir une famille dont il prend soin et un
métier au service de la population n'en est pas moins beau et héroïque.
Intelligent et poussant à la réflexion, ce film sonne comme
un coup de maître et comme le premier jalon de l'œuvre magistrale d'un
réalisateur qui ne prend pas le spectateur pour un crétin et qui cherche dans
la douleur, des explications au sens de la vie.
Les errances dans le
civil d'un ancien soldat, entre tricheries pour retrouver un job, cuites entre
amis et petites amies mexicaines.
Premier film de David Ayer, génial scénariste de training day et Dark Blue, bad times
surprend surtout par la qualité de l'interprétation de Christian Bale. Nerveux,
violent, haïssable de par son égocentrisme la plupart du temps, il est le point
fort du film.
Son impossible adaptation à la vie civile, les petites
magouilles avec des gangs auxquelles il est contraint d'avoir recourt pour
gagner quelques dollars sont le cœur du scénario.
Comment un homme qui a gagné des médailles pour tuer en
temps de guerre peut-il s'intégrer en temps de paix ? La réponse apportée
par le film semble évidente : il ne peut pas. Si les conditions
historiques peuvent faire d'un tueur un héros, il reste un voyou en temps
normal, et ne peut-être d'aucune utilité pour la société en dehors de complots
de militaires et de politiques carriéristes.
Si l'on attendait un film tourné vers l'action, comme le
laissait présager l'affiche et les antécédents du réalisateur, on se retrouve
avec un drame intelligent d'une noirceur que rien ne vient atténuer, surtout
pas le final, grandement inspiré d'une scène de the killer, qui donne une
vision ultime de l'amitié.
Sans être génial, bad times est un bon film, qui laisse un
gout amer dans la bouche, et qui serre la gorge, longtemps après avoir éteint
le poste.
Un jeune père de
famille retrouve, lors d'une halte sur une autoroute, un ancien camarade de
classe, Harry. Celui-ci va s'inviter en vacances chez lui. Il va vouloir son
bien, à tout prix, quel qu'en soient les conséquences.
Premier film, premier
coup de maître. En faisant survenir la tension dans le quotidien, en poussant
la folie dans le champ du possible, et en posant des questions moralement
glaçantes, le réalisateur fait un film audacieux sortant des carcans trop
étroits du suspense.
Sergi Lopez trouve en Harry son meilleur rôle (jusqu'au
Labyrinthe de Pan)et c'est aussi de lui
que vient la réussite du film. La logique de son personnage est simple :
pour arriver à être heureux, il faut résoudre les problèmes. La famille est une
entrave à la création artistique, il faut l'éloigner, voire l'éliminer. A cette
approche irrévérencieuse, l'auteur n'apporte aucun contrepoids, c'est ce qui
rend mal à l'aise, et qui fait la réussite du film.
En effet, si un élément moral vient atténuer, à la fin, la
noirceur du message, les derniers plans qui montrent un père de famille heureux
et accompli sont un véritable pied-de-nez aux conventions. Elles marquent
également la victoire d'Harry qui est parvenu à ses fins, apporter du
« bien » à son ami, par tous les moyens possibles.
Un jeune garçon voit
arriver dans son jardin une créature venue d'une autre planète ; il va se
lier d'amitié et tout faire pour qu'elle puisse échapper aux scientifiques à sa
poursuite.
E.T. est sans
doute l'un des films les plus émouvants qui existent. Ancré dans l'enfance avec
des acteurs enfants qui jouent à la perfection et un réalisateur qui ancre le
merveilleux dans le quotidien d'une banale banlieue américaine, il est ce que
beaucoup aimeraient faire sans y parvenir : l'état de grâce absolu, le
film qui fait rêver au moyen d'une créature horrible mais attachante, le film
qui passe du rire aux larmes sans difficulté.
La version remasterisée a permis de gommer certains effets
spéciaux ratés, et pour un film qui a 26 ans, c'est franchement impressionnant.
On peut en revanche regretter le révisionnisme qui voit les armes gommées ou
les propos sur les terroristes effacés, procédé qui tient plus de la volonté de
faire encore plus de consensus autour du film, plutôt que d'une réelle
dimension artistique.
Spielberg est, avec Truffaut sur les 400 coups, l'un de ceux qui parvient à faire jouer des enfants.
Ici, ils sont le véritable attrait du film, leur capacité à nous faire croire
en l'impossible étant ce qui permet le plus l'immersion dans l'histoire.
« J'ai eu 10 ans, je ne les ai plus, et je n'en reviens
pas » disait un chanteur français, grâce soit rendue au réalisateur barbu
de nous permettre au visionnage de ce film de retrouver le temps de deux heures
cette époque révolue.
Zé ben daminõ
Tous droits réservés pour la photo à United International Pictures (UIP)
Un homme voit sa femme
mourir sous ses yeux. Sa belle-fille refuse de retourner chez son père et
préfère rester habiter chez lui. Il va vite s'apercevoir qu'elle est éprise de
lui.
Bertrand Blier est un réalisateur qui se permet d'aborder
tous les thèmes en rapport avec la sexualité : dans les valseuses, il traitait la libération sexuelle post-68 avec
humour, dans préparez vos mouchoirs,
il abordait l'amour d'une femme pour un garçon de moins de 15 ans, ici, il
traite de troubles interdits qui parcourent un homme incarné une nouvelle fois
avec maestria par un Dewaere impérial.
Le film pourrait être scabreux, racoleur, il n'en est rien. En
axant son scénario sur des sentiments, en filmant de manière crue les ébats
entre les deux protagonistes, il montre les choses telles qu'elles peuvent être
parfois : une histoire interdite de personnes paumées. Contrairement à ses
précédents opus, Blier laisse l'humour de côté et nous dépeint les vagues à l'âme
d'un homme en déconnexion totale avec la réalité. Jamais il ne glorifie ce qu'il
montre, jamais in le condamne non plus, on voit des êtres qui souffrent, s'attirent,
se rejettent, s'aiment et s'oublient.
Toujours sur le fil du rasoir, le film nous fait réfléchir
sur un thème qui met mal à l'aise, et on se demande si, en 1981, on pouvait
aborder des thèmes plus difficiles que de nos jours, ce qui serait pour le
moins inquiétant.
Zé ben daminõ
tous droits réservés pour la photo à (c) studiocanal
Un jeune trader qui
peine à faire des résultats corrects dans l'agence où il travaille fait la
connaissance d'un magnat de la bourse. Ce dernier va lui apprendre à faire
beaucoup de profit en flirtant avec l'illégalité.
Réalisé un an après Platoon,
et trois ans après avoir livré le scénario magistral de scarface, par un Oliver Stone alors très en colère et en état de grâce,
Wall street est de ces films qu'on oublie pas et qui ne vieillissent pas,
surtout au regard de l'actualité financière de 2008.
En suivant le voyage d'un
jeune homme issu du monde ouvrier parmi les requins de la finance, il crée un
personnage qui perd sa naïveté pour un confort matériel qui dépasse ses
besoins. On est alors dans les années 80, et la présidence de Reagan qui voue
un véritable culte à la réussite et à l'argent laisse beaucoup de monde sur le
carreau.
Si le canevas scénaristique n'est pas différent de celui de
Scarface (ascension, gloire, déclin, chute), Stone offre ici une rédemption à
son héros dans un militantisme gauchiste assez carricatural (le pardon et le
soutien de la famille) qui gâche un peu le développement noir et machiavélique
du récit.
Il n'en reste pas moins qu'avec un casting de rêve, entre
Michael Douglas au sommet de son art, et les Sheen parfaits dans leur rôle, une
réalisation et un scénario audacieux, on a l'un des rares films réussi prenant
ce milieu si fermé et intrigant de la bourse et des finances. Et c'est déjà
beaucoup.
Une femme devenue
amnésique suite à un accident de voiture enquête avec une jeune actrice
fraichement débarquée à Hollywood pour reconquérir son identité.
Aboutissement artistique pour David Lynch d'une carrière aux
confins du fantastique et du film d'art et essai pur et dur, Mulholland Drive synthétise toutes les
qualités du maître en en atténuant la plupart des défauts. Ici, le scénario est
beaucoup plus simple que dans ses précédents opus, et s'il nous perd parfois
aux détours d'expériences plus sensorielles que narratives, il reste dans son
ensemble parfaitement compréhensible.
La nuit est magnifiquement restituée, les personnages ont
l'air tous plus barrés les uns que les autres, et l'auteur se permet de régler
ses comptes avec l'industrie du cinéma dans ce qui reste à ce jour l'une des
descriptions de producteur mafieux les plus originales du cinéma.
La dernière demi-heure révolutionnaire sur le fond, nous
offre un twist bien plus intelligent que tous ceux écrits par Shyamalan.
On sort conquis par un auteur qui offre ici sa
pièce-maîtresse, aidé par des actrices principales en état de grâce et une
musique envoutante et immergeante.
Un robot de nettoyage
est seul sur la terre. Il doit remettre au propre la planète, et semble le
dernier survivant. Surgissant de l'espace, un nouveau robot, avec une mission
inconnue, prend contact avec lui.
L'année 2008 n'en finit pas de voir des chefs-d'œuvre
absolus sortir en salle. Ici, nous avons tout simplement le meilleur film de
science-fiction de ces dernières années. A la fois film quasi muet dans sa
première demi-heure, film d'amour, et brulot politique, wall-e est à ce jour la plus belle réussite des studios Pixar.
En comprenant enfin que l'animation peut s'adresser presque
exclusivement aux adultes (ce que les japonais ont compris depuis plus de 30
ans), en multipliant les références cinématographiques (on pense à 2001 de Kubrick, aux films de Laurel et
Hardy) et culturelles (Pong c'est
quand même pas rien !), en adressant un message à la fois écologique mais
surtout, ce qui est une première chez Disney, anticapitaliste, l'équipe du film
a réussi le coup de génie de l'année.
Et voir que le film cartonne en salle rassure, on peut avoir
du cinéma de qualité qui marche, et si les américains commencent à le
comprendre, il serait temps que les français en fassent de même, au lieu
d'établir une si grosse distinction entre les films supposés marcher en salle
(des niaiseries gauloises à tout hasard) et des films arts et essai
irregardables car trop chiants !
Le cinéma peut, et doit faire rêver et ne pas être idiot à
la fois.
La vision de Wall-e
ne peut que conforter cette idée.
Un tueur se rend à Bangkok pour exécuter les derniers
contrats de sa carrière. Les rencontres qu'il fera le mèneront à s'interroger
sur sa vie, entre amour et succession.
Excellente surprise que ce film d'action thaïlandais mené
sans temps mort, magnifiquement éclairé, très dépaysant, et filmé de belle
manière de nuit dans des scènes qui, dans les tons de bleu, ne sont pas sans
rappeler Michael Mann. Le scénario frise la sortie de route dans la dernière
demi-heure, mais évite la guimauve grâce à un final surprenant.
Le grand intérêt du film est de présenter une tranche de vie
d'un solitaire, et si la voix off est parfois agaçante, on rentre assez dans la
peau du tueur grâce à une interprétation toute en retenue de Nicolas Cage qui n'a
pas été aussi bon depuis longtemps.
Par contre, pour les
frères Pang à la réalisation, c'est un film sans ambition car remake d'un film
tourné par eux il y a moins de cinq ans, et à part la série des The Eye, on a le sentiment qu'ils ont
des difficultés à trouver de nouveaux thèmes.
Mais quand la
technique est là, c'est déjà énorme, et en comparaison avec les nombreuses
productions formatées du genre, Bangkok dangerous est un film très
fréquentable.
Zé ben daminõ
Tous droits réservés pour la photo à TFM Distribution
Suite à des propos irresponsables, un animateur radio pousse
un individu au massacre et au suicide. L'animateur devient dépressif et fait la
rencontre d'un mystérieux clochard à la recherche du saint graal.
Si Terry Gilliam a des difficultés de tournage sur ces films
depuis un certain moment (la version cinéma de Brazil amputée de près d'une
demi-heure par rapport à ce qu'il voulait, l'arrêt du tournage de Don
Quichotte, la mort de Heath Ledger qui devait être son personnage principal
pour son nouveau film), on ne peut que le regretter, aux vues des qualités des
film sortis. Que ce soit avec les Monthy Pythons, ou bien seul aux commandes,
de sacrée graal à l'armée des 12 singes en passant par brazil, une poésie pessimiste parcourt
l'œuvre de l'artiste.
Ici encore, en prenant deux acteurs qui donnent ce qui est
sans doute une de leur meilleure composition, en écrivant une histoire de
rédemption puissante où le salut de l'âme passe par un cambriolage, il fait
très fort. En créant des personnages malades, mais fiers et rêveurs, il laisse
un des plus beaux plaidoyers pour la liberté et contre le formatage de la
pensée. Absolument contre le cynisme des média, contre la course écervelée à la
réussite sociale, il fait l'apologie des humbles. Et bon dieu, c'est
rassurant !
Zé ben daminõ
Tous droits réservés pour la photo à Columbia TriStar Films
Bienvenue sur dingues de toile!
Voici les chroniques d'une bande de potes sur des films qui n'ont en commun que leurs qualités (réalisation, jeu des acteurs ou thèmes abordés).
Avec aussi des news et des bandes-annonces