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Dingues de toile
dimanche 29 mars 2009, a 12:52
The wrestler : juste une dernière danse
 

La vie d'une ancienne gloire du catch dans les années 2000, entre maladie et solitude.

 

Film d'une énorme charge émotive, the wrestler est sans doute la meilleure interprétation de Rourke depuis Angel Hearth. Le visage complètement détruit, la voix cherchant son souffle à chaque instant, il est l'incarnation même de l'épave, de l'homme prématurément vieilli par une vie d'excès. Dans ce film où le personnage n'arrive jamais à se sortir de l'échec qu'est devenue son existence, Rourke est l'âme, le cœur du projet. Tout semble écrit pour lui, jusqu'à ce monologue final d'une puissance lacrymale éloquente, qui fait la part entre la gloire et la légende, et qui insiste sur le fait que ceux que le public veut ne peuvent disparaître des mémoires collectives. Il est assuré qu'avec ce film, Mickey Rourke reste encore très présent dans les esprits pendant de longues années.

 

A la réalisation, Darren Aronofsky parvient à faire ce que peu de maître ont réussi jusqu'alors : adapter son style à son sujet. Laissant les démonstrations visuelles de ses deux précédents opus, il parvient à filmer le drame de la solitude avec brio, comme il parvient à restituer la violence des combats qui, s'ils sont arrangés, n'en demeurent pas moins exigeants et destructeurs pour les athlètes. L'homme est donc parti sur le nouveau Robocop, et les craintes que l'on pouvait avoir sont annihilées quand on voit la capacité de l'homme à adapter sa réalisation au propos de son film.

The wrestler est sans doute le plus beau film de ce début d'année.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à © Wild Bunch

mercredi 18 février 2009, a 11:15
The fountain : amour sublime
 

Un scientifique cherche un remède pour sa femme mourante, et doit trouver le salut dans un récit portant sur les années 1500 et dans un monde futuriste.

 

Incroyable film, the fountain est la preuve que Requiem for a dream n'était pas un coup d'épée dans l'eau et que son réalisateur est capable d'aborder des genres et des thèmes différents avec autant de maestria. En s'attaquant à un récit complexe et en privilégiant trois parties distinctes avec autant de décors différents, il ne cherche pas la facilité.

En se séparant de Brad Pitt, initialement prévu pour le rôle principal, en raisons de différents artistiques, il s'assure le contrôle de son projet malgré une perte sèche de plusieurs millions de budget.

 

Pourtant à la vision du film, le spectateur est scotché devant autant d'audaces formelles (la partie futuriste est un défi pour Hugh Jackman et pour les responsables des décors et des lumières), et par le fait que les thèmes de la mort, de la vie et de la sagesse soient abordés et traités aussi intelligemment. Le spectateur doit fournir un véritable travail pour ne pas être largué et approcher le sens du film, jamais rien ne lui est facilité, et c'est tant mieux !

On est à des kilomètres du cinéma pop-corn pour teenagers, mais on est également à mille lieux d'un cinéma d'art et d'essai poseur et théorisant à l'excès.

 

Cela vaudra donc au film un échec public (10 millions de recettes us et 200 000 entrées France) et une indifférence critique alors que Darren Arronofsky a sans aucun doute livré l'un des meilleurs films de 2006, voire des années 2000 avec ce film bouleversant et touchant.

 

La bande-annonce, cliquez-ici

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à © TFM Distribution

jeudi 05 février 2009, a 15:51
Louise-Michelle : justice ouvrière ?
 

Une usine est fermée du jour au lendemain et délocalisée. Les ouvrières décident alors de faire caisse commune pour liquider leur patron.

 

Le cinéma social et humoristique est suffisamment rare en France pour être salué quand il est réussi. Ici, la presse unanime  a peut être salué à l'excès un film certes très bon, mais qui connaît des baisses de rythme assez pesantes par moment.

Doté d'un casting parfait où resplendissent Moreau et Bouli, le film bénéficie également de guests de choix dans des scènes hilarantes, en particulier celles de Kassovitz et Poolevorde. L'ensemble fonctionne plutôt bien, le film est politique et réjouissant, les patrons y sont des salauds avides, les ouvriers des simplets attachants, et des audaces formelles viennent dynamiter un film malheureusement trop fauché.

 

S'il est un reproche que l'on peut faire au film, c'est principalement ces plans-séquences trop longs, qui selon l'aveu même des réalisateurs, est plus un cache-misère qu'une véritable volonté artistique. Si l'on fait abstraction d'un rythme assez inégal, le film est d'une originalité et d'une fraicheur qui manque généralement au cinéma français qui n'ose sortir de ses sempiternels drames sur le mal de vivre et ses comédies franchouillardes écrites avec les pieds. Financer des films plus couillus comme celui-ci serait sans doute ce qu'il y a de mieux à faire pour que les gens retournent au cinéma.

Ce film est la preuve que l'on peut avoir un rire de qualité dans l'hexagone.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à  Ad Vitam

dimanche 01 février 2009, a 13:29
Burn after reading : à la croisée des genres
 

Un membre de la cia est licencié. Il commence à écrire ses mémoires. Dans une salle de sports, un entraineur tombe sur de mystérieux documents secrets. Il va essayer, grâce à la russie d'en tirer profit.

 

Après le puissant no country for old man, le retour à la comédie des frères Coen laissait sceptique. Ladykillers, leur dernière en date virant trop souvent à la bouffonnerie, on se demandait comment ils allaient réussir à se renouveler dans l'humour.

La vision de burn after reading rassure heureusement les amateurs du duo ; en effet, vendu comme une pure comédie, le film est en réalité un croisement réussi entre le film d'espionnage et le vaudeville. C'est simple, traité différemment, il aurait pu être soit un excellent film d'espionnage, soit une pure comédie. Le choix de traiter des deux genres à la fois pourra donc laisser des spectateurs sur la carreau, mais emmènera ceux qui font un effort d'immersion vers un plaisir inhabituel.

 

Les personnages, assez finement écrits, et le casting 4 étoiles sont les principaux atouts du film. Que ce soit Malkovich, épave humaine, Pitt, crétin bellâtre, ou Clooney, qui après o Brother et  intolérable cruauté continue son entreprise de démolition de son image, tous sont drôles et pathétiques. Les personnages féminins, plus forts et rationnels sont malheureusement un peu moins intéressants, même si ils constituent le ressort du film.

 

Agréable récréation après un passage (trop ?) noir dans leur filmographie, Burn after reading est la preuve que les frères Coen ne sont pas morts et qu'ils ont encore beaucoup à dire, contrairement à ce que beaucoup pensaient après l'échec artistique de Ladykillers.

 

le trailer, cliquez-ici

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à StudioCanal

jeudi 29 janvier 2009, a 12:12
Hot spot : noir desseins
 

Un homme se fait embaucher comme vendeur de voitures dans une petite ville du sud des Etats-Unis. Entre la comptable, jeune ingénue, la femme du patron, garce arriviste, et la banque qu'il projette de cambrioler, ses choix ne seront pas aisés.

 

Denis Hopper n'a jamais fait mieux que son premier film, Easy Rider, réalisé en 1969, qui sera le témoignage et l'étendard d'une génération. Pourtant avec Hot Spot, il réalise ce qui est sans doute un des meilleurs films noirs postérieur à 1950. Aidé par un casting de choix, porté par un Don Johnson parfait, il tourne un film poisseux, lent, empreint de malhonnêteté, où les femmes trompent leur mari et où les hommes malins ne pensent qu'à l'argent, tandis que la famille est représentée comme une entrave à peine bonne à contenter les ploucs locaux.

 

Tissé de mains de maître, le scénario s'égrène au fil du temps, et aucune échappatoire honnête n'apparaît à quelque moment que ce soit. En effet, les personnages qui paraissent bons ne le sont pas nécessairement, et les mauvais eux, sont encore pires qu'ils ne paraissent. Autant dire que l'ambiance n'est pas à la joie et que ce film injustement méconnu de 1990 mérite d'être vu, il saura combler les amateurs de perdants.

 

Zé ben damino

samedi 17 janvier 2009, a 13:11
L’ultime razzia : classieux film noir
 

Le casse d'un hippodrome, de son organisation à sa conclusion, en passant par son accomplissement.

 

Stanley Kubrick, à ses débuts, ne passait pas des années à tourner et retourner ses films pour parvenir à un style qu'il souhaitait le plus proche de la perfection cinématographique. Et pourtant, en regardant l'ultime razzia, on est soufflé du début à la fin par un rythme et une mise en scène qui évitent tout esbroufe et qui, en allant droit au but, ont une modernité qui fait que le film, plus de 50 ans  après sa sortie, reste un modèle du genre.

 

Pour commencer, les personnages sont dépeints en quelques minutes et tous les archétypes du genre sont présents, sans que ce soit dérangeant, bien au contraire : de la femme fatale au paumé en passant par le flic pourri et le truand au grand cœur, on a le droit à un véritable catalogue des éléments qui font la particularité attachante du film noir.

Ensuite, le scénario ne laisse aucun temps mort, au point qu'arrivé au bout des 80 minutes du long-métrage, on se retrouve épuisé d'avoir fixé son attention de la sorte sans s'arrêter.

Enfin, le film reste noir du début à la fin, et n'accorde aucun espoir dans un monde de pauvres types qui croient trouver dans le gangstérisme un moyen d'échapper à leur triste quotidien. En réalité, ce film est l'anti ocean's eleven par excellence : au lieu de glamour et de facilités scénaristiques soutenues par un casting de rêve, on se retrouve avec un glaçant portrait du milieu du banditisme avec un scénario savamment écrit et des acteurs excellents et tout en humilité.

 

En définitive, l'ultime razzia est un film d'un maître à redécouvrir, car s'il est méconnu, il est loin d'être mineur.

 

le trailer, cliquez-ici

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à ©MGM

mercredi 14 janvier 2009, a 11:29
Coups de feu dans la Sierra : Légende vieillissante
 

Un sheriff à la retraite est chargé par une banque de ramener l'or d'une région minière. Il choisit de se faire accompagner par un ami qu'il croit sur, mais qui convoite le butin.

 

Deuxième long-métrage de Sam Peckinpah, coups de feu est, 30 ans avant Impitoyable, une intéressante réflexion sur l'âge mur des cow-boys du grand ouest américain. Lorsque l'on a une glorieuse réputation de justicier, comment accepter le vieillissement sans faillir aux valeurs que l'on a toujours défendu ? Deux réponses sont proposées au début du film : en cachant l'affaiblissement de son corps en mentant (c'est-à-dire par exemple prétexter vouloir étudier seul un contrat pour pouvoir sortir ses lunettes), ou tricher (en enlevant le plomb de l'arme d'un adversaire pour lui faire croire qu'on est meilleur). Si ce constat est assez glaçant, le déroulement du film va heureusement nuancer cela, en insistant sur l'amitié, le sens de l'honneur et de justice qui pousse certains à sacrifier leu bien-être et en évitant de feindre l'indifférence.

 

Assez classique dans le déroulement de sa trame, le film se paie une scène glauque à souhait, celle du mariage dans une ville dégénérée et sans morale. On trouve déjà la trace de ce que seront les chiens de paille et sa ville d'irlandais solidaires dans la débauche, et ne voyait les femmes que comme un objet à prendre et non à séduire. Pour ceux qui ne connaissent pas le réalisateur, les 10 minutes malsaines que dure la scène risquent de surprendre. Pour les autres, elle montre la pensée d'un homme qui considèrera souvent les communautés éloignées comme un danger pour la raison et la bienséance.

Enfin, techniquement, tourné dans un parc naturel aux Etats-Unis, le film bénéficie de paysages magnifiques mis en valeur par de nombreux plans larges.

 

Simple et efficace, Coups de feu dans la Sierra est une bonne introduction dans l'univers d'un réalisateur qui, aux côtés de Leone et Eastwood, apporta ses lettres de noblesse aux westerns après l'époque classique de John Ford.

 

la bande-annonce, cliquez-ici


Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à Swashbuckler Films

dimanche 11 janvier 2009, a 18:46
L’échange : maternité et criminalité
 

Une mère de famille qui a perdu son fils voit la police revenir avec un autre enfant, lui assurant que c'est le sien. Elle va devoir se battre pour mettre à jour une vérité cruelle.

 

Clint Eastwood enchaine depuis plus de 10 ans des films qui sont des classiques instantanés. Ces derniers temps, Mystic River et Million dollars baby avaient fait preuve d'un savoir-faire certain au profit d'un scénario puissant, ménageant émotion et réflexion sur des thèmes aussi forts que la vengeance, la filiation et l'euthanasie. Avec l'échange, c'est principalement sur le thème de la filiation qu'il travaille, mais alors que la première demi-heure se tourne presque exclusivement d'un point de vue dramatique, le virage vers le polar noir permet d'aborder les thèmes de la place des femmes dans la société américaine, et de la corruption au sein de la police municipale.

 

Fervent Républicain, ne cachant pas des penchants (rappelons qu'en 2005, il a menacé de mort Michael Moore au cas où celui-ci franchirait la porte de sa maison comme il l'a fait pour Charlton Eston), l'homme a su prendre des positions avant-gardistes et à contre-courant de sa ligne politique. Ainsi, lorsque dans l'échange, il aborde l'internement psychiatrique des femmes dans les années 20, il ne tombe pas dans les travers de la sensiblerie, mais dénonce et dévoile une situation qui ne peut qu'indigner. Il est pour cela aidé par une interprétation sans faille d'Angelina Jolie et celle excellente comme à l'accoutumé de John Malkovich.

 

Sur la forme, le réalisateur aux 2 oscars ne change rien (et c'est tant mieux), des plans larges d'une classe folle, un rythme lent sans être longuet, une musique envoutante, et un scénario qui prend le temps de s'installer pour mieux prendre à la gorge lors de scènes d'une puissance impressionnante. A ce niveau, lors d'une scène d'exécution de peine capitale, la froideur et l'absence d'emphase montrent la peine capitale telle qu'elle est : un acte inutile et barbare.

 

Dans l'attente de son prochain film où il a annoncé qu'il serait pour la dernière fois devant la caméra, l'échange constitue une nouvelle œuvre majeure dans la carrière d'un des plus grands génies du 7 ème art.

 

Zé ben damino

 

Tous droits réservés pour la photo à © Warner Bross

dimanche 14 décembre 2008, a 17:32
Mesrine : quand le cinéma français a de la gueule
 

L'itinéraire de jacques Mesrine, de sa sortie de l'armée, à l'issue de la guerre d'Algérie, jusqu'à sa mort en passant par son parcours dans le grand banditisme.

 

Vincent Cassel est sans doute l'acteur français le plus intéressant de sa génération. C'est bien simple depuis Depardieu et Dewaere, on n'avait pas vu quelqu'un capable de choisir ses rôles avec goût et de les interpréter avec autant de force. S'il s'était quelque peu fourvoyé aux Etats-Unis ces derniers temps (dérapage et ocean's 12), il nous avait donné quelques grand rôles grâce aux promesses de l'ombre et à Sheitan (film inégal mais impressionnant de sa part). Ici, il est un des moteurs du film.

Richet, le réalisateur, a fait ses preuves avec du cinéma social avant de partir de l'autre côté de l'atlantique pour tourner un remake du premier Carpenter, film auquel il a apporté sa touche personnelle.

 

En près de 4 heures, on a droit à un concentré de ce qui se fait de mieux dans le film français : un casting quatre étoiles (Depardieu, Sagnier, Lanvin, Le Bihan), un scénario travaillé, des dialogues qui font mouche et un montage impressionnant. Les reconstitutions d'époque sont parfaites, et on a vraiment l'impression de voir où le budget est parti devant un film d'une telle envergure.

 

Loin d'être une apologie du grand-banditisme, comme certains esprits chagrins ont pu le croire (voir le canard enchainé du 10/12/2008), le film montre Mesrine tel qu'il est : un esprit faible, qui n'a pas envie de travailler, et qui choisit la facilité plutôt que l'honnêteté. Le rôle des médias est également dénoncé : loin d'être innocents, ils forment le ciment de la reconnaissance du voleur : en faisant une publicité démesurée à l'individu, en le rencontrant sans le dénoncer, ils font ce qu'ils peuvent faire de pire, c'est-à-dire faire la promotion du mal sans jamais remettre en question leur propre position lors d'interviews irréels attirant le voyeurisme du spectateur.

 

Dans tous les cas, voici sans aucun doute le film français le plus marquant de 2008, beau, intelligent, bien joué et qui fait réfléchir. En espérant que le succès en salle (plus de 2 millions d'entrées pour le premier volet) incite les producteurs à plus d'audace à l'avenir.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à © La Petite Reine / Roger Arpajou

mercredi 10 décembre 2008, a 11:40
Assaut : la naissance d’un génie
 

Lors de son premier jour, un jeune policier est chargé d'assurer le déménagement d'un commissariat. Ce qui devait n'être qu'une mission de routine se transforme en jeu de massacre quand un gang prend le commissariat pour cible.

 

Premier film de John Carpenter au sortir de son école de cinéma, assaut contient déjà toutes les caractéristiques du réalisateur : une musique envoutante, peu de dialogues, un mélange des genres (ici, le western et le fantastique) et un film court qui ne contient aucune minute inutile.

 

Le film est particulièrement réussi par son aspect envoutant : aucune fioriture, presque aucune explication, et un gang fantomatique tout droit sorti de la nuit des morts-vivants. Le remake qu'en fera le français Richet, s'il est réussi, transformera d'ailleurs le film en film d'action noir, sans plus aucune référence au fantastique, alors que c'est précisément ce qui faisait l'originalité de la version Carpenter.

 

Signalons également l'absence de concession d'un point de vue moral, puisque l'on voit une fillette assassinée froidement par des voyous sans aucune raison, semble-t-il pour passer le temps. La scène sera d'ailleurs coupée en France sous les années Giscard, tristes années pour le cinéma de genre.

 

Alors qu'il semble de plus en plus sur que le système a eu raison de la pugnacité de John Carpenter (son dernier long-métrage Ghost of mars datant de 2001, et il ne semble pas près de reprendre le chemin du tournage), et alors que les remakes de ses  premier films continuent de s'égrener pour le meilleur (Halloween de Rob Zombie) et pour le pire (fog), il est temps de se replonger dans l'œuvre d'un maître du fantastique, qui après assaut enchaina avec l'une des figures du genre les plus prolifiques : celle de Mike Myers qui allait lui donner une légitimité commerciale lui permettant d'avoir pour un moment les coudés franches pour ses prochains métrages.

 

Zé ben damino

jeudi 27 novembre 2008, a 19:14
terminator et Benoit, 2 news en 1
 

la nouvelle affiche animée de terminator, qui claque, même si elle ne sert à rien, cliquez ici.

et la nouvelle comédie (qui à l'air moyenne) du grand benoit poelevoorde, avec des miss de campagne, cliquez ici

dimanche 23 novembre 2008, a 16:20
The wrestler: le retour de Rourke
 

le nouveau film du réalisateur de Requiem for a dream est un drame sur le retour improbable d'une ancienne star du catch. Ce quii pourrait être anecdotique s'est révélé un tour de force, grâce au choix judicieux de Mickey Rourke comme acteur principal.
Présenté cette année au festival de Venise, le film a été acclamé, a remporté un lion d'or, et la prestation de l'homme aux santiags a été unanimement saluée.
On a donc hâte de le voir en france, et en attendant, voici le trailer anglais avec une chanson du boss, Bruce Springsteen,

pour le voir, cliquez-ici

zé ben damino
tous droits réservés pour la photo à (c)Mars Distribution


jeudi 20 novembre 2008, a 14:14
Hellboy 2 : magie et merveilleux
 

La trêve entre le monde des humains et celui des monstres est en passe d'être rompue par un prince qui veut dominer tout ce qui est sur terre. Hellboy doit faire le ménage.

 

Après le Labyrinthe de pan, Guillermo Del Toro continue à enchanter les salles avec son univers tout à la fois superbe graphiquement grâce à un travail énorme sur le maquillage, et enchanteur dans les thèmes choisis. En effet, en construisant son récit autour de la lutte pour le pouvoir et en le ponctuant de vibrants appels à l'amitié et à la sublimation par l'amour, le réalisateur fait sien des thèmes classiques, et les renouvèle avec talent.

 

De plus, les imperfections du premier épisode sont ici gommées, et le personnage de hellboy ne se retrouve pas avec un sidekick humain inutile et bavard. Ici, on a des créatures qui s'affrontent et des humains qui ne servent à rien, sinon à manigancer et essayer de gérer l'ingérable. Si certains ont reproché au film un scénario trop simple, on ne peut qu'apprécier le choix fait par Mike Mignolia de créer un scénario original, contrairement au premier opus cinématographique qui était une adaptation d'un album. Ce qui est pensé pour les planches ne passe pas forcément aussi bien à l'écran, en revanche des personnages charismatiques le restent à l'écran, pour peu que l'on y mette les moyens.

 

Enfin, signalons la performance énorme de Ron Pearlman, qui trouve ici ce qui est sans doute le rôle d'une vie, et qui joue pour la première fois à l'écran, le rôle d'un super-héros classique éméché après avoir bu quelques bières avec une autre créature.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à Universal Pictures International France

dimanche 16 novembre 2008, a 16:47
Invasion Los Angeles : science-fiction, politique et bras d’honneur
 

Après avoir être chassé d'un bidon-ville par les forces de police, un ouvrier tombe sur une paire de lunette qui a la capacité de révéler le vrai visage d'extra-terrestre infiltrés sur terre.

 

Après le bide public, mais non artistique des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, Carpenter est persona non gratta dans les grands studios hollywoodiens. Pour trouver un financement, il est obligé de se tourner vers des très petits budgets. Il choisit alors de tourner… un film de science-fiction. Ce qui peut sembler une totale hérésie se révèle un coup de maître tant le scénario béton s'accommode d'effets à l'ancienne et d'un aspect série B purement jouissif. Magistralement filmé, avec une musique réussie et entêtante, et un acteur charismatique, Invasion Los Angeles ne pouvait être un film sans message.

 

Car parallèlement,  en plein dans les années Reagan, le culte de l'argent et de la réussite laisse de côté de nombreux américains dans une crise humaine et sociale qui ne dit pas son nom. Pour cracher sa colère, Carpenter fait du vrai cinéma engagé, un brulot où les messages subliminaux envoyés par les Extra-terrestres sont autant de valeurs auxquelles l'Amérique croit alors, mais qui ne sont pas celles que partage l'auteur. Pour exemple, sur les billets, grâce aux lunettes, le héros peut lire « this is your god ». Et dans les journaux, on peut lire également « reproduis-toi » ou « consomme ».

 

Le film est à l'image du dernier geste du héros : un bras d'honneur sublime et salvateur qui donne toute sa valeur au mot « résistance ».

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à ©studiocanal

mardi 11 novembre 2008, a 20:09
L’ultime souper : devine qui vient diner ce soir…
 

Au cours d'un repas entre étudiants, des jeunes tuent accidentellement un raciste violent. Au lieu de se rendre à la police, ils décident d'inviter régulièrement des gens à leur table et de les éliminer si ils s'avèrent potentiellement dangereux pour la société.

 

Film aux limites des genres, entre comédie noire, thriller et drame, l'ultime souper est un film relativement méconnu et qui part cependant d'un fort potentiel : si vous pouviez remonter le temps et que vous vous retrouviez face à Hitler encore étudiant, le tueriez vous alors qu'il n'a encore rien fait, pour éviter les atrocités qu'il commettra plus tard ?

Aucun réponse moralisatrice n'est donné, mais une intéressante étude des mœurs au travers de personnages savamment écrits, et un plaisir trop rare, celui de regarder un film avec Cameron Diaz où le spectateur est un minimum sollicité intellectuellement.

 

Le film se passe quasi-uniquement dans une maison, voire un salon, et tient la route grâce à des acteurs excellents, des dialogues brillants et un scénario sans temps mort. De plus, la fin roublarde est réussie par la présence d'un Ron Pearlman ambigu et fascinant.

Un vrai moment de théâtre au cinéma en réalité, un sans faute totale, un bijou noir.

 

le trailer anglais, cliquez-ici

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à Les Films Number One

dimanche 09 novembre 2008, a 17:08
Intraçable : voyeurisme meurtrier
 

Un homme enlève des personnes et les places devant les caméras d'un site internet qui, en fonction du nombre de visite, met à mort l'individu.

 

Intraçable est un thriller des plus réussi parce qu'il se sert du voyeurisme du spectateur comme moteur de l'action. En effet, si les pièges sont ingénieux, on est loin de la gratuité d'un Saw, et le fait que les internautes soient les réels meurtriers de la machination du tueur est vraiment passionnant. Que se passerait-il dans la réalité si une telle abomination existait ? Le site serait-il visité où boycotté ?

 

Au tout début du film l'enquêtrice passe à proximité d'un accident de voiture, et on voit des badauds attroupés autour, espérant voir quelque abomination. Tout le propos du film se résume à ceci : internet est le moyen d'assouvir les fascinations les plus déviantes en totale impunité, et sans que personne n'en sache rien. Alors même que le net constitue un moyen de diffusion de l'information d'une capacité inégalable, ce qu'il véhicule le plus dans les faits, c'est de la pornographie, de la violence, et de la déviance. Cela constitue donc la preuve la plus irréfutable du mal qui habite l'humanité et de sa future autodestruction.

 

Pour appuyer ce propos, le réalisateur, à qui l'on doit le déjà excellent peur primale, s'entoure d'acteurs excellents et monte son film sans céder aux canons du genre et sans trop le hacher. Ca fonctionne plutôt bien, et il serait dommage de passer à côté de ce film, plutôt boudé lors de sa sortie en salle.

 

la bande-annonce, cliquez-ici

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à Paramount Pictures France

jeudi 06 novembre 2008, a 17:11
Joyeuses funérailles : les noces funèbres
 

Lors de l'enterrement du père de famille, assistez aux chassés croisés des membres de cette dernière, entre drogues, secrets inavouables, et jalousie.

 

Réalisateur du déjà excellent In and out, Franck Oz prouve une nouvelle fois que l'humour peut venir de toutes les situations, même les plus tragiques, et que comme le disait Desproges « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Ici, la première scène donne le ton, lorsque les croquemorts ouvrent le cercueil et s'aperçoivent devant les familles, qu'ils ont amené un autre mort. Effet garanti, et nouvel exemple de la qualité d'écriture de l'humour anglais.

 

Les acteurs sont tous excellents, le film est monté comme une pièce de théâtre, et on s'amuse beaucoup devant tant d'imagination. A vrai dire, si l'on pouvait craindre un plagiat de Six Feet Under, les auteurs partent dans une toute autre direction, délaissant l'émotion qui fait le charme de la série au profit d'un plaisir immédiat.

 

Loin du rire gras et paillard du comique troupier à la Benny Hill, loin du sentimentalisme à la Dany Boon, Joyeuses funérailles est d'autant plus agréable qu'il a été peu exposé lors de sa sortie salle et qu'il constitue une bonne surprise.


la bande-annonce, cliquez-ici

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à SND

samedi 01 novembre 2008, a 04:49
Go fast : la loi et l’ordre
 

Au cours d'une planque en banlieue parisienne, un groupe de policiers va se faire sommairement exécuté. Un flic va alors s'infiltrer dans un réseau qui ramène de la drogue depuis le maroc pour faire tomber les coupables.

 

Attention, film miraculeux ; en moins d'1h30, le réalisateur réussit à tourner un polar nerveux, ce qu'accentue une musique électronique stressante, sans fioriture ni disgression, monté sur le fil du rasoir, et documenté grâce à l'aide de gangsters repentis. De plus, les acteurs, Roschdy Zem en tête, sont excellents.

 

La première partie du film montre une banlieue comme une zone de non-droit, où le chaos urbain et le désengagement de l'état atteignent leur apogée, et où les réseaux criminels contrôlent la vie des quartiers. La seconde partie nous dévoile le trajet de la drogue et la puissance et l'organisation dont bénéficient les barons. Entre les deux, on aura assisté à l'entrainement spécial de policiers d'élites qui, s'il semble trop extrème pour être crédible, s'avère incroyablement cinématographique.

 

Si l'on peut regretter une happy end qui ne se justifie pas nécessairement, il serait dommage de passer à coté de la puissance brute de ce film, qui devrait supporter sans difficultés un visionnage répété.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à EuropaCorp Distribution

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lundi 27 octobre 2008, a 15:44
La vie de Brian : dieu, les sectes, et l’humour
 

Voisin de naissance de Jésus, Brian va connaître une vie empreinte bien malgré lui de religion à une époque où beaucoup cherchent dans la foi le sens de leur vie.

 

Les Monthy Python, après le fabuleux Sacré Graal qui jouait avec talent de l'absurde et du non-sens, s'attaquent à un sujet des plus litigieux : la religion. En prenant le voisin du Christ, ils évitent de s'attirer trop d'ennuis, et peuvent dérouler leur démonstration avec un humour des plus grinçants. Pour eux, le messie n'en est un que parce qu'il a été influencé et joué par des gens qui avaient un intérêt politique, où qui étaient à la recherche du salut et qui ont vu en un homme ordinaire un homme extraordinaire. Ainsi, la scène de Brian, à la fenêtre de sa maison contraint par une foule insistante de délivrer un message est à mourir de rire.

 

Drôle, faisant réfléchir, n'oubliant pas l'absurde qui a fait le succès du groupe (la scène de la soucoupe volante), le film se termine dans une scène, apothéose de provocation hilarante, qui  est la vidéo mise en lien. Plus de 20 ans après, on se demande si un tel film trouverait un financement, et si le film pourrait simplement être distribué en salle sans que les intégristes religieux n'y fassent opposition.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à Orion Pictures Corporation



vendredi 24 octobre 2008, a 23:57
Gran Torino: Clint reprend les armes
 

On n'arrête plus Eastwood; après son film avec Angelina-j'ai des lèvres de babouin- voici enfin les premières images de Gran Torino, et apparemmment, c'est un drame ou clint va botter le derrière de petites racailles de son quartier, tout en perpétuant sa crise de foi religieuse entamée avec Million Dollars Baby.

C'est peu dire que l'attente est grande, et encore une fois, quel artiste!

pour voir le trailer, cliquez-ici

zé ben damino

mercredi 22 octobre 2008, a 19:53
Parlez-moi de la pluie : amours amères
 

Deux amis, l'un reporter, l'autre hôtelier, doivent réaliser un reportage sur une femme, écrivain à succès, qui décide de se présenter aux élections dans la commune de son enfance.

 

Allier romance, humour et nostalgie sans une indigestion de bons sentiments est une étape pour le moins difficile. Il fallait bien tout le talent du duo Bacri-Jaoui pour mener ce périlleux exercice avec succès. Etrangement, alors que leurs précédents films ont été des succès commerciaux, celui-ci peinera (et ne parviendra sans doute pas) à dépasser la barre du million de spectateur. Les critiques presses sont mitigées, alors qu'on se trouve devant un vrai moment de bonheur, que l'humour reste cinglant par moment, et fait, c'est une première, un détour par l'absurde (la magnifique scène des moutons).

 

Jamel trouve son meilleur rôle depuis Astérix 2, mais ici, il joue à la perfection, et est tout en retenue. Il prouve qu'il sait faire autre chose que le pitre de banlieue et qu'il est un acteur à part entière. Bacri fait du Bacri, c'est-à-dire que même si ses rôles sont tous différents, on a le sentiment que c'est toujours de la même manière qu'il les interprète. Jaoui, dans un rôle qu'on imagine largement inspiré de sa vie privée pour le coté femme libérée, est parfaitement juste.

 

Si l'humour est fin, les chassées croisés amoureux sont désespérants, non pas qu'ils sont ratés, mais parce qu'ils présentent le couple comme un moyen d'échapper à la solitude, et non comme une fin en soi.

Film en dehors des codes du genre, drôle et émouvant, le dernier opus du duo parisien vaut, comme toujours, le détour. Le manquer serait une erreur.

 

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à StudioCanal

lundi 13 octobre 2008, a 19:13
Guillaume Depardieu
 

l'acteur est mort aujourd'hui. Il restera comme l'excellent interprète des Apprentis, comédie qui contait l'histoire de deux glandeurs restant enfermés dans un appartement.

également connu pour son côté écorché, il avait fait preuve de nombreuses fois d'une émotivité extrème, comme lors de son passage au journal de france 2 de béatrice schonberg, à qui il avait dit qu'il ne pourrait pas sourire comme elle en annonçant de telles horreurs.

une pneumonie l'a emporté à 37 ans.

zé ben damino



dimanche 12 octobre 2008, a 14:08
The indian runner : le sens de la vie
 

Fin des années 60. Deux frères, l'un père de famille et policier, l'autre célibataire, buveur et bagarreur. Le premier veut ramener le second à la raison et en faire un homme raisonnable.

 

Premier film écrit et réalisé par Sean Penn, the indian runner est un drame d'une puissance émotionnelle forte. En confrontant deux styles de vie, l'auteur nous parle de l'impossible vie normale de certains éléments de la société. Pas uniquement parce qu'ils ne peuvent pas vivre comme les autres, mais également parce qu'ils ne le veulent pas. Tous ne souhaitent pas avoir une famille et un métier bien défini, et cela, les gens raisonnables ne parviennent pas à le comprendre. En réalité, la violence du film vient plus de ceux qui souhaitent faire vivre comme tout le monde les marginaux, que des marginaux eux-mêmes.

 

Vigo Mortensen, alors à ses débuts, campe l'homme dans toute sa bestialité, accumulant rages et colères, doutes et autodestruction. Il est le double de Seann Penn, le coté obscur qui rend aussi difficile la  monotonie de la vie. Il est la bête qui dort, le sauvage qui refuse l'assimilation, et qui ne demande qu'à fuir pour vivre seul et sans entrave.

David Morse est l'acceptation, celui qui se contente de ce qu'il a et qui, en parvenant à avoir une famille dont il prend soin et un métier au service de la population n'en est pas moins beau et héroïque.

 

Intelligent et poussant à la réflexion, ce film sonne comme un coup de maître et comme le premier jalon de l'œuvre magistrale d'un réalisateur qui ne prend pas le spectateur pour un crétin et qui cherche dans la douleur, des explications au sens de la vie.

 

Zé ben damino

Tous droits réservés pour la photo à ©Columbia Pictures Corporation

mercredi 08 octobre 2008, a 11:04
Bad times : ce mortel ennui…
 

Les errances dans le civil d'un ancien soldat, entre tricheries pour retrouver un job, cuites entre amis et petites amies mexicaines.

 

Premier film de David Ayer, génial scénariste de training day et Dark Blue, bad times surprend surtout par la qualité de l'interprétation de Christian Bale. Nerveux, violent, haïssable de par son égocentrisme la plupart du temps, il est le point fort du film.

Son impossible adaptation à la vie civile, les petites magouilles avec des gangs auxquelles il est contraint d'avoir recourt pour gagner quelques dollars sont le cœur du scénario.

 

Comment un homme qui a gagné des médailles pour tuer en temps de guerre peut-il s'intégrer en temps de paix ? La réponse apportée par le film semble évidente : il ne peut pas. Si les conditions historiques peuvent faire d'un tueur un héros, il reste un voyou en temps normal, et ne peut-être d'aucune utilité pour la société en dehors de complots de militaires et de politiques carriéristes.

 

Si l'on attendait un film tourné vers l'action, comme le laissait présager l'affiche et les antécédents du réalisateur, on se retrouve avec un drame intelligent d'une noirceur que rien ne vient atténuer, surtout pas le final, grandement inspiré d'une scène de the killer, qui donne une vision ultime de l'amitié.

Sans être génial, bad times est un bon film, qui laisse un gout amer dans la bouche, et qui serre la gorge, longtemps après avoir éteint le poste.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à SND

dimanche 05 octobre 2008, a 12:47
Harry, un ami qui vous veut du bien : partenaire particulier
 

Un jeune père de famille retrouve, lors d'une halte sur une autoroute, un ancien camarade de classe, Harry. Celui-ci va s'inviter en vacances chez lui. Il va vouloir son bien, à tout prix, quel qu'en soient les conséquences.

 

 Premier film, premier coup de maître. En faisant survenir la tension dans le quotidien, en poussant la folie dans le champ du possible, et en posant des questions moralement glaçantes, le réalisateur fait un film audacieux sortant des carcans trop étroits du suspense.

 

Sergi Lopez trouve en Harry son meilleur rôle (jusqu'au Labyrinthe de Pan)  et c'est aussi de lui que vient la réussite du film. La logique de son personnage est simple : pour arriver à être heureux, il faut résoudre les problèmes. La famille est une entrave à la création artistique, il faut l'éloigner, voire l'éliminer. A cette approche irrévérencieuse, l'auteur n'apporte aucun contrepoids, c'est ce qui rend mal à l'aise, et qui fait la réussite du film.

 

En effet, si un élément moral vient atténuer, à la fin, la noirceur du message, les derniers plans qui montrent un père de famille heureux et accompli sont un véritable pied-de-nez aux conventions. Elles marquent également la victoire d'Harry qui est parvenu à ses fins, apporter du « bien » à son ami, par tous les moyens possibles.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à ©StudioCanal

mercredi 01 octobre 2008, a 11:16
E.T. : enfance magique
 

Un jeune garçon voit arriver dans son jardin une créature venue d'une autre planète ; il va se lier d'amitié et tout faire pour qu'elle puisse échapper aux scientifiques à sa poursuite.

 

E.T. est sans doute l'un des films les plus émouvants qui existent. Ancré dans l'enfance avec des acteurs enfants qui jouent à la perfection et un réalisateur qui ancre le merveilleux dans le quotidien d'une banale banlieue américaine, il est ce que beaucoup aimeraient faire sans y parvenir : l'état de grâce absolu, le film qui fait rêver au moyen d'une créature horrible mais attachante, le film qui passe du rire aux larmes sans difficulté.

 

La version remasterisée a permis de gommer certains effets spéciaux ratés, et pour un film qui a 26 ans, c'est franchement impressionnant. On peut en revanche regretter le révisionnisme qui voit les armes gommées ou les propos sur les terroristes effacés, procédé qui tient plus de la volonté de faire encore plus de consensus autour du film, plutôt que d'une réelle dimension artistique.

 

Spielberg est, avec Truffaut sur les 400 coups, l'un de ceux qui parvient à faire jouer des enfants. Ici, ils sont le véritable attrait du film, leur capacité à nous faire croire en l'impossible étant ce qui permet le plus l'immersion dans l'histoire.

 

« J'ai eu 10 ans, je ne les ai plus, et je n'en reviens pas » disait un chanteur français, grâce soit rendue au réalisateur barbu de nous permettre au visionnage de ce film de retrouver le temps de deux heures cette époque révolue.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à  United International Pictures (UIP)

dimanche 28 septembre 2008, a 11:58
Beau-père : amours interdites
 

Un homme voit sa femme mourir sous ses yeux. Sa belle-fille refuse de retourner chez son père et préfère rester habiter chez lui. Il va vite s'apercevoir qu'elle est éprise de lui.

 

Bertrand Blier est un réalisateur qui se permet d'aborder tous les thèmes en rapport avec la sexualité : dans les valseuses, il traitait la libération sexuelle post-68 avec humour, dans préparez vos mouchoirs, il abordait l'amour d'une femme pour un garçon de moins de 15 ans, ici, il traite de troubles interdits qui parcourent un homme incarné une nouvelle fois avec maestria par un Dewaere impérial.

 

Le film pourrait être scabreux, racoleur, il n'en est rien. En axant son scénario sur des sentiments, en filmant de manière crue les ébats entre les deux protagonistes, il montre les choses telles qu'elles peuvent être parfois : une histoire interdite de personnes paumées. Contrairement à ses précédents opus, Blier laisse l'humour de côté et nous dépeint les vagues à l'âme d'un homme en déconnexion totale avec la réalité. Jamais il ne glorifie ce qu'il montre, jamais in le condamne non plus, on voit des êtres qui souffrent, s'attirent, se rejettent, s'aiment et s'oublient.

 

Toujours sur le fil du rasoir, le film nous fait réfléchir sur un thème qui met mal à l'aise, et on se demande si, en 1981, on pouvait aborder des thèmes plus difficiles que de nos jours, ce qui serait pour le moins inquiétant.

 

Zé ben daminõ

tous droits réservés pour la photo à (c) studiocanal

mercredi 24 septembre 2008, a 11:05
Wall street : morale et argent
 

Un jeune trader qui peine à faire des résultats corrects dans l'agence où il travaille fait la connaissance d'un magnat de la bourse. Ce dernier va lui apprendre à faire beaucoup de profit en flirtant avec l'illégalité.

 

Réalisé un an après Platoon, et trois ans après avoir livré le scénario magistral de scarface, par un Oliver Stone alors très en colère et en état de grâce, Wall street est de ces films qu'on oublie pas et qui ne vieillissent pas, surtout au regard de l'actualité financière de 2008.

 En suivant le voyage d'un jeune homme issu du monde ouvrier parmi les requins de la finance, il crée un personnage qui perd sa naïveté pour un confort matériel qui dépasse ses besoins. On est alors dans les années 80, et la présidence de Reagan qui voue un véritable culte à la réussite et à l'argent laisse beaucoup de monde sur le carreau.

 

Si le canevas scénaristique n'est pas différent de celui de Scarface (ascension, gloire, déclin, chute), Stone offre ici une rédemption à son héros dans un militantisme gauchiste assez carricatural (le pardon et le soutien de la famille) qui gâche un peu le développement noir et machiavélique du récit.

 

Il n'en reste pas moins qu'avec un casting de rêve, entre Michael Douglas au sommet de son art, et les Sheen parfaits dans leur rôle, une réalisation et un scénario audacieux, on a l'un des rares films réussi prenant ce milieu si fermé et intrigant de la bourse et des finances. Et c'est déjà beaucoup.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à  ©20th Century Fox

 

dimanche 21 septembre 2008, a 12:33
Mulholland Drive : voyage au bout de la nuit
 

Une femme devenue amnésique suite à un accident de voiture enquête avec une jeune actrice fraichement débarquée à Hollywood pour reconquérir son identité.

 

Aboutissement artistique pour David Lynch d'une carrière aux confins du fantastique et du film d'art et essai pur et dur, Mulholland Drive synthétise toutes les qualités du maître en en atténuant la plupart des défauts. Ici, le scénario est beaucoup plus simple que dans ses précédents opus, et s'il nous perd parfois aux détours d'expériences plus sensorielles que narratives, il reste dans son ensemble parfaitement compréhensible.

 

La nuit est magnifiquement restituée, les personnages ont l'air tous plus barrés les uns que les autres, et l'auteur se permet de régler ses comptes avec l'industrie du cinéma dans ce qui reste à ce jour l'une des descriptions de producteur mafieux les plus originales du cinéma.

La dernière demi-heure révolutionnaire sur le fond, nous offre un twist bien plus intelligent que tous ceux écrits par Shyamalan.

 

On sort conquis par un auteur qui offre ici sa pièce-maîtresse, aidé par des actrices principales en état de grâce et une musique envoutante et immergeante.

Un vrai régal !

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à © Bac Films

mercredi 17 septembre 2008, a 18:54
Wall-E : emmenez-moi au bout de l’espace
 

Un robot de nettoyage est seul sur la terre. Il doit remettre au propre la planète, et semble le dernier survivant. Surgissant de l'espace, un nouveau robot, avec une mission inconnue, prend contact avec lui.

 

L'année 2008 n'en finit pas de voir des chefs-d'œuvre absolus sortir en salle. Ici, nous avons tout simplement le meilleur film de science-fiction de ces dernières années. A la fois film quasi muet dans sa première demi-heure, film d'amour, et brulot politique, wall-e est à ce jour la plus belle réussite des studios Pixar.

 

En comprenant enfin que l'animation peut s'adresser presque exclusivement aux adultes (ce que les japonais ont compris depuis plus de 30 ans), en multipliant les références cinématographiques (on pense à 2001 de Kubrick, aux films de Laurel et Hardy) et culturelles (Pong c'est quand même pas rien !), en adressant un message à la fois écologique mais surtout, ce qui est une première chez Disney, anticapitaliste, l'équipe du film a réussi le coup de génie de l'année.

 

Et voir que le film cartonne en salle rassure, on peut avoir du cinéma de qualité qui marche, et si les américains commencent à le comprendre, il serait temps que les français en fassent de même, au lieu d'établir une si grosse distinction entre les films supposés marcher en salle (des niaiseries gauloises à tout hasard) et des films arts et essai irregardables car trop chiants !

 

Le cinéma peut, et doit faire rêver et ne pas être idiot à la fois.

La vision de Wall-e ne peut que conforter cette idée.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo

dimanche 14 septembre 2008, a 22:09
Bangkok dangerous : le crépuscule du tueur
 

Un tueur se rend à Bangkok pour exécuter les derniers contrats de sa carrière. Les rencontres qu'il fera le mèneront à s'interroger sur sa vie, entre amour et succession.

 

Excellente surprise que ce film d'action thaïlandais mené sans temps mort, magnifiquement éclairé, très dépaysant, et filmé de belle manière de nuit dans des scènes qui, dans les tons de bleu, ne sont pas sans rappeler Michael Mann. Le scénario frise la sortie de route dans la dernière demi-heure, mais évite la guimauve grâce à un final surprenant.

Le grand intérêt du film est de présenter une tranche de vie d'un solitaire, et si la voix off est parfois agaçante, on rentre assez dans la peau du tueur grâce à une interprétation toute en retenue de Nicolas Cage qui n'a pas été aussi bon depuis longtemps.

 

 Par contre, pour les frères Pang à la réalisation, c'est un film sans ambition car remake d'un film tourné par eux il y a moins de cinq ans, et à part la série des The Eye, on a le sentiment qu'ils ont des difficultés à trouver de nouveaux thèmes.

 Mais quand la technique est là, c'est déjà énorme, et en comparaison avec les nombreuses productions formatées du genre, Bangkok dangerous est un film très fréquentable.

 

Zé ben daminõ

Tous droits réservés pour la photo à TFM Distribution

mercredi 10 septembre 2008, a 19:22
Fisher king : folie douce
 

Suite à des propos irresponsables, un animateur radio pousse un individu au massacre et au suicide. L'animateur devient dépressif et fait la rencontre d'un mystérieux clochard à la recherche du saint graal.

 

Si Terry Gilliam a des difficultés de tournage sur ces films depuis un certain moment (la version cinéma de Brazil amputée de près d'une demi-heure par rapport à ce qu'il voulait, l'arrêt du tournage de Don Quichotte, la mort de Heath Ledger qui devait être son personnage principal pour son nouveau film), on ne peut que le regretter, aux vues des qualités des film sortis. Que ce soit avec les Monthy Pythons, ou bien seul aux commandes, de sacrée graal à l'armée des 12 singes en passant par brazil, une poésie pessimiste parcourt l'œuvre de l'artiste.

 

Ici encore, en prenant deux acteurs qui donnent ce qui est sans doute une de leur meilleure composition, en écrivant une histoire de rédemption puissante où le salut de l'âme passe par un cambriolage, il fait très fort. En créant des personnages malades, mais fiers et rêveurs, il laisse un des plus beaux plaidoyers pour la liberté et contre le formatage de la pensée. Absolument contre le cynisme des média, contre la course écervelée à la réussite sociale, il fait l'apologie des humbles. Et bon dieu, c'est rassurant !

 

Zé ben daminõ

 

Tous droits réservés pour la photo à Columbia TriStar Films

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