La vie d'une ancienne
gloire du catch dans les années 2000, entre maladie et solitude.
Film d'une énorme charge émotive, the wrestler est sans
doute la meilleure interprétation de Rourke depuis Angel Hearth. Le visage
complètement détruit, la voix cherchant son souffle à chaque instant, il est l'incarnation
même de l'épave, de l'homme prématurément vieilli par une vie d'excès. Dans ce
film où le personnage n'arrive jamais à se sortir de l'échec qu'est devenue son
existence, Rourke est l'âme, le cœur du projet. Tout semble écrit pour lui,
jusqu'à ce monologue final d'une puissance lacrymale éloquente, qui fait la
part entre la gloire et la légende, et qui insiste sur le fait que ceux que le
public veut ne peuvent disparaître des mémoires collectives. Il est assuré qu'avec
ce film, Mickey Rourke reste encore très présent dans les esprits pendant de
longues années.
A la réalisation, Darren Aronofsky parvient à faire ce que
peu de maître ont réussi jusqu'alors : adapter son style à son sujet. Laissant
les démonstrations visuelles de ses deux précédents opus, il parvient à filmer
le drame de la solitude avec brio, comme il parvient à restituer la violence
des combats qui, s'ils sont arrangés, n'en demeurent pas moins exigeants et
destructeurs pour les athlètes. L'homme est donc parti sur le nouveau Robocop,
et les craintes que l'on pouvait avoir sont annihilées quand on voit la
capacité de l'homme à adapter sa réalisation au propos de son film.
The wrestler est
sans doute le plus beau film de ce début d'année.
Zé ben damino
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