L'itinéraire de
jacques Mesrine, de sa sortie de l'armée, à l'issue de la guerre d'Algérie,
jusqu'à sa mort en passant par son parcours dans le grand banditisme.
Vincent Cassel est sans doute l'acteur français le plus intéressant
de sa génération. C'est bien simple depuis Depardieu et Dewaere, on n'avait pas
vu quelqu'un capable de choisir ses rôles avec goût et de les interpréter avec
autant de force. S'il s'était quelque peu fourvoyé aux Etats-Unis ces derniers
temps (dérapage et ocean's 12), il nous avait donné
quelques grand rôles grâce aux promesses
de l'ombre et à Sheitan (film
inégal mais impressionnant de sa part). Ici, il est un des moteurs du film.
Richet, le réalisateur, a fait ses preuves avec du cinéma
social avant de partir de l'autre côté de l'atlantique pour tourner un remake
du premier Carpenter, film auquel il a apporté sa touche personnelle.
En près de 4 heures, on a droit à un concentré de ce qui se
fait de mieux dans le film français : un casting quatre étoiles
(Depardieu, Sagnier, Lanvin, Le Bihan), un scénario travaillé, des dialogues
qui font mouche et un montage impressionnant. Les reconstitutions d'époque sont
parfaites, et on a vraiment l'impression de voir où le budget est parti devant
un film d'une telle envergure.
Loin d'être une apologie du grand-banditisme, comme certains
esprits chagrins ont pu le croire (voir le canard
enchainé du 10/12/2008), le film montre Mesrine tel qu'il est : un
esprit faible, qui n'a pas envie de travailler, et qui choisit la facilité plutôt
que l'honnêteté. Le rôle des médias est également dénoncé : loin d'être
innocents, ils forment le ciment de la reconnaissance du voleur : en
faisant une publicité démesurée à l'individu, en le rencontrant sans le
dénoncer, ils font ce qu'ils peuvent faire de pire, c'est-à-dire faire la
promotion du mal sans jamais remettre en question leur propre position lors d'interviews
irréels attirant le voyeurisme du spectateur.
Dans tous les cas, voici sans aucun doute le film français
le plus marquant de 2008, beau, intelligent, bien joué et qui fait réfléchir. En
espérant que le succès en salle (plus de 2 millions d'entrées pour le premier
volet) incite les producteurs à plus d'audace à l'avenir.
Zé ben damino
Tous droits réservés pour la photo à © La Petite Reine / Roger
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